LA RÉPÉTITION DES SCÉNARIOS DE VIE

Dernière mise à jour : 6 août 2019






« La vie n'est pas un long fleuve tranquille »annonce si bien le titre d'un vieux film. Cependant, si la vie est remplie d'obstacles, force est de constater que c'est souvent contre les mêmes rochers que nous nous heurtons. Et si la vie n'était qu'un scénario qui n'avait de cesse de se répéter, telle une fatalité, nous amenant à nous confronter sans fin aux mêmes dénouements ?


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L'idée de scénario de vie n'est pas nouvelle dans le monde de la psychothérapie et chacun en posséderait un, voire plusieurs. De quoi s'agit-il ? Selon le psychiatre Jean Cottraux, il s'agirait « d'une situation piège, dans laquelle on se débat sans pouvoir en sortir et qui se répète. »


Comme un personnage de film à la merci de la plume d'un scénariste, la personne voit sa vie maintenue, de manière répétitive, dans des situations ou des relations insatisfaisantes sans parvenir à s'en sortir. Mais comment se construisent ces scenarii de vie et comment fonctionnent-ils ?


Nous rencontrons tous des problèmes. Pire, nous rencontrons souvent les mêmes.

Prenons la division de l’existence humaine en 8 stades. Chacun de ces stades s’organisera autour de pôles contradictoires qui pourront donner lieu à des tensions, des contradictions, des conflits. A vrai dire de l’issue plus ou moins heureuse de ces oscillations résultera un sentiment de réussite ou la perception d’un échec.



Les 8 stades de la vie de l’homme






Ainsi certains ne réussiront pas à surmonter la crise: l’épisode va figer leur histoire de vie, et la vie s’enliser, patiner, tourner en boucle.

Effectivement figée dans son personnage, la personne scénarisée va maintenir des relations stéréotypées et insatisfaisantes avec les autres, surtout si ce rôle a une fonction dans un groupe: femme parfaite, bouc émissaire, faux génie, perdant, battant, macho, séducteur, etc. Si la personne souhaite changer de vie et de scénario, elle aura à se modifier elle-même, à changer ses relations avec son entourage, ou encore à changer d’entourage.

Premièrement le nombre de types de personnalité est limité, tout comme est identique les relations avec les autres, et les événements de vie qui en résulte.


La personnalité


La personnalité de chacun est faite de croyances irrationnelles, souvent inconscientes, qui sont à l’origine des scénarios de vie. Tout d’abord, la mémoire fait le tri aux dépens de la précision, et elle construit un scénario plus ou moins cohérent.

Ainsi certaines situations peuvent bloquer:

les émotions liées à la séparationune contrainte liée aux circonstances économique (harcèlement professionnel, ..)une mauvaise estime de soi privée de toute liberté d’action (une personne timide qui se laisse exploiter, ..)une dépendance ancienne et abusiveon se croit à tort persécuté (la personne n’a aucune conscience du fait qu’elle provoque elle-même des rétorsions agressives de la part des autres par sa méfiance ou ses attaques systématiques: celui qui se vit comme le persécuté est, en réalité, le persécuteur.l’incapacité à différer ou à inhiber un comportement ou une pensée face à une situation. C’est ce que l’on nomme l’impulsivité avec passage à l’acte.


Par exemple dans les phases d’alarme et de résistance, la sécrétion trop importante de cortisol, hormone de stress, peut atteindre les fonctions cognitives supérieures comme l’attention et la mémoire, et de ce fait modifier la pensée logique et l’efficacité dans la résolution d’un problème.

Être son propre opposant

Effectivement nombre de scénarios sont des histoires où le sujet est lui-même son propre opposant.

De même que la rétine de chaque œil présente un point aveugle, nous avons du mal à percevoir nos propres motivations, ce qui peut conduire à des impasses tragiques ou à des situations comiques.

Quand la personnalité devient un problème: la personnalité se définit comme un ensemble stable de comportements, d’émotions et de pensées en réaction à l’environnement, qui caractérise chaque individu. Les problèmes apparaissent quand un individu présente des traits notablement exagérés, ou caricaturés, par rapport à ce que l’on observe chez la moyenne des gens, dans une culture donnée. On parle alors de personnalité difficile, ou, dans le jargon psychiatrique un trouble de la personnalité (TOC, …)


Le DSM IV

La classification la plus utilisée actuellement est celle du DSM-IV qui différencie 12 grands types de personnalité (p66). Seulement 10 ont été validées:




Ainsi à ces 3 grands groupes peuvent être superposés 3 grands types de scénarios de vie.

Somme toute, les systèmes actuels de classification des troubles de la personnalité, qu’il faut considérer avec relativisme, doivent néanmoins posséder une certaine validité puisque depuis l’Antiquité, sont décrits, à peu de chose près, les mêmes types de problèmes.


Citons celle du philosophe grec Théophraste qui vivait 300 ans av. JC. Son livre « les Caractères » a inspire l’ouvrage homonyme de La bruyère, publié au XVII° siècle.

3 Inconscients pour un scénario:


Notamment, c’est souvent à son propre insu et malgré elle qu’une personne répète des scénarios de vie. La première explication qui vient à l’esprit est d’invoquer la destiné. La seconde, qui replace le problème sur le plan individuel, consiste à aller voir du coté de l’inconscient.

A première vue, la notion d’inconscient laisse peu de place à la responsabilité et à l’autodétermination, surtout si l’on estime que tout se joue dans les 3 ou 6 premières années de la vie.

2 notions sont essentielles:

la division de l’esprit en différentes structureset le fonctionnement automatique de la plupart des comportements, des pensées et des émotions.

Le fonctionnement de l’inconscient permet à chacun de vivre dans l’instant présent. Au contraire, la conscience, elle, intervient en cas de difficulté. Ainsi la conscience gère l’ensemble de la personnalité, et lorsqu’elle échoue, la fragmentation de la personnalité apparaît.

Platon avait déjà émis des hypothèses sur la structure de l’esprit qu’il divisait en 3 parties. La partie supérieure correspond à la raison, le « Noûs« . Elle conduit un attelage de 2 chevaux, dont l’un est obéissant et généreux: le « Thymos« , qui représente les émotions, le courage et les désirs élevés. L’autre cheval lui, est indocile et rétif: c’est l' »Epithumétikon« , qui correspond aux besoins et aux désirs matériels grossiers. Le Surmoi, instance morale de la vie mentale, n’est donc pas une invention récente (le « Parent » de l’AT).

Le traitement de l’information par le cerveau


Dans l’ensemble, le traitement de l’information par le cerveau s’effectue selon des processus automatiques qui n’impliquent aucun effort de la conscience. Donc le champ de la conscience est, tout comme le champ visuel, un cadrage limité de la réalité externe et interne.

En particulier, la psychanalyse, à l’époque reine de la thermodynamique, considère l’existence d’une énergie libidinale (libido, désirs, pulsions sexuelles) qui, si elle ne trouve pas d’issue, va se trouver refoulée et donc réapparaître sous une autre forme (angoisse, inhibition, ..). Les modèles actuels, tributaires des sciences cognitives, décrivent l’inconscient comme un ensemble de processus de traitement de l’information:

Premièrement un inconscient biologique ou cérébral (activité neuronale) qui sous-tend les processus cognitifs conscients et inconscients ainsi que les émotions.Deuxièmement un inconscient environnemental qui conditionne les comportements et les attitudes psychologiques (éducation, traumatismes graves qui impriment leur marque sur la personnalité)Enfin un inconscient cognitif qui correspond à l’ensemble des processus mentaux automatiques: c’est lui qui en s’articulant autour des 2 autres, produit des scénarios de vie.


Inconscient biologique:


Le scorpion et la grenouille: « la logique n’a rien à voir. Je n’y peux rien, c’est mon caractère ».


Premièrement, on entend par tempérament, les prédispositions comportementales présentes à la naissance. A vrai dire, c’est le socle sur lequel va se développer la personnalité. De son côté, elle, la personnalité est composée d’un ensemble de traits de caractère, d’intensité variable, reliés aux prédispositions biologiques qui constituent le tempérament.

A cet égard, Cattell a isolé 16 dimensions bipolaires (2 extrêmes et contraire) de personnalité à partir d’un liste de 17 953 adjectifs décrivant les caractéristiques et comportements de chacun –> MBTI

Un modèle à 5 facteurs, le modèle OCEAN, est le mieux validé actuellement (The Big 5). Du reste il existe également un modèle à 7 facteurs qui rajoute les facteurs environnementaux de la personnalité. (p99). L’étude de Livesley superpose une approche génétique.




Le neuroticisme s’accompagne de vulnérabilité à la dépression et de dépendance à autrui. Ce trait correspond aux personnes qui ressentent et expriment constamment des affects négatifs. Cette mauvaise régulation émotionnelle, qui les accompagne toute leur vie, rend ces personnes difficiles à vivre. La sérotonine est un neuromédiateur qui joue un rôle important dans l’inhibition des comportements et l’anxiété.

Le modèle de Cloninger oppose le tempérament au caractère (TCI)  avec 7 dimensions de la personnalité(p 101)




Tempérament et caractère

L’inconscient y est représenté comme le résultat de l’interaction entre des processus biologiques (tempérament) et des conditionnements (caractère) qui se déroulent hors conscience; la cognition, elle, est identifiée à la conscience et correspond seulement à la gestion efficace et délibérée de la réalité. On peut objecter que ce modèle n’envisage pas de processus cognitifs inconscients.

La correspondance entre certains neuromédiateurs et certains comportements constituent pour le moment qu’une simple hypothèse de travail. D’autre part, les liens génétiques avec les personnalités du DSM IV commencent juste à être explorés (2000).

La génétique n’est pas le destin. Les sources de variation dans la personnalité sont constituées à 50% par des facteurs héréditaires et à 50% par des facteurs environnementaux. Rôle de la résilience, etc .. Avoir des traits impulsifs de personnalité n’aboutit pas aux mêmes résultats dans une banlieue défavorisée ou dans un milieu « d’intellectuels » aisés.

Inconscient environnemental et conditionnement:

Ne sommes nous pas prisonniers des règles rigides qui nous ont été inculquées à notre insu et à notre détriment ?

La méthode de Pavlov, ou comment avoir des émotions automatiques.

La voie longue et courte vers l’amygdale (Stimulus –> Thalamus –> voie courte d’urgence ou la voie longue cérébrale sensorielle –> amygdale –> réponse émotionnelle)

L’impulsivité se définit comme l’incapacité à différer, quelles qu’en soient les conséquences, un comportement qui peut aboutir à une expérience immédiate de plaisir (les bonbons à 1 enfant).


Compulsives ou impulsives, ces personnes partagent l’incapacité de différer une conduite. Ces 2 types de comportements représentent les extrémités d’un spectre qui va de la lute permanente et réussie contre les impulsions au passage à l’acte permanent et sans frein.

L’éducation, la vie familiale, la télé, internet, .. représentent une contrainte. Toutefois malgré leur pouvoir de persuasion masque, les modèles sociaux sont surtout des révélateurs de personnalité(note: oui pour les cas cliniques, les troubles de la personnalité mais moins pour le bien-être).


Le développement de la personnalité résulte en réalité d’événements particuliers et personnels auxquels le tempérament biologique doit s’adapter.

Poids de l’environnement social

Même une personne qui ne présente pas de vulnérabilité génétique pour des troubles psychologiques risque de « craquer » dans un environnement social où s’accumulent les traumatismes.

La mémoire maintient la cohérence du fonctionnement mental. Elle effectue la liaison entre le passé et le présent, en catégorisant et en organisant les nouvelles informations à la lumière des souvenirs anciens.

Ainsi le flash-back signe l’absence d’intégration du souvenir traumatique. En effet, un événement traumatique met de façon inopinée, une personne face à la mort ou à la mort d’autrui sans qu’il lui soit possible ni de s’échapper ni de contrôler d’aucune manière l’événement.

C’est la menace perçue plus que la menace réelle, qui constitue le facteur décisif du maintien du stress posttraumatique. Le syndrome de répétition s’accompagne d’une tension anxieuse permanente et de l’évitement de situations. C’est une façon pour le sujet de se protéger d’une réalité pénible. Les sentiments de culpabilité et de honte seront les premiers obstacles à la recherche d’aide.

Inconscient cognitif:

« Le passé vous a déçu ? Le présent vous semble vide ? L’avenir vous angoisse ? Nous avons la réponse ! » Politiciens, gourous remplissent l’attente …

A cet égard, tout bon prophète propose un schéma qui interprète le monde et implique des actions qui vont dans le bon sens.

Avant tout, le concept de « constructions personnelles » (George Kelly) présente une dimension à deux extrémités opposées qui permettent de juger et catégoriser les événements et les individus sur un mode binaire: bon/mauvais, juste/faux, correct/incorrect, etc .

Une construction personnelle est un système bipolaire avec un pôle émergé ou explicite et un pôle immergé, implicite, qui est en sorte inconscient.

D’où méfiance et oscillations rapides entre 2 pôles: victime – protecteur/persécuteur (note: triangle dramatique de l’AT).


Les schémas cognitifs


Les erreurs logiques (note: ou fondamentales dans la théorie implicite de la personnalité): attention sélective face aux événements qui confirment les schémas cognitifs. Ces dysfonctionnements de la pensée logique.

Les schémas cognitifs dont parle Beck sont liés à des émotions et faits de croyances. Partant de ce fait ils représentent des interprétations personnelles de la réalité qui vont influer sur les stratégies individuelles d’adaptation. Ensuite ces schémas ont une spécificité de contenu en fonction du type de personnalité ou du trouble de la personnalité.

Le traitement de l’information (p154):



En résumé les grands types de personnalités sont dominés par la présence d’un schéma dysfonctionnel rigide, excessif, absolu.




Les schémas ont trait à l’autonomie, aux capacités relationnelles, aux valeurs morales, aux limites et standards sociaux.


Ces schémas se renforcent par des comportements répétés d’échecs qui les justifient.

En résumé les principaux schémas sont : (p 159)



Lorsque la validité du schéma est mise en doute par l’entourage ou en thérapie, la résistance du patient est considérable:

Par évitement: conscient ou automatique, cognitive, affectif ou comportemental


Par compensation et bipolarité: une personne dépendante se protégera en faisant montre d’une autonomie exagérée, refusant l’aide ou les conseils d’autrui. De fait la personne qui a une faible estime de soi pourra développer un comportement narcissique destine à compenser son sentiment d’infériorité


Les 18 schémas de young pour aller plus loin:


Schémas précoces de séparation et de rejet


La certitude que ses besoins de sécurité, de stabilité, d'affection, d'empathie, de compréhension, d'approbation et de respect ne seront pas satisfaits. Cette certitude a une origine familiale typique : il s'agit de familles où règnent un climat de séparation, avec explosion, changement, rejet, punitions. Les parents sont stricts, froids ou bien maltraitent l'enfant.

Abandon/instabilité

Le manque de stabilité ou de fiabilité, perçu, de ceux qui offrent soutien et sens de l'appartenance à un groupe. Il s'accompagne du sentiment que les personnes "importantes" ne continueront pas à donner appui, force ou protection parce qu'elles sont émotionnellement instables et changeantes (explosions de colère), peu fiables, ou ne sont pas toujours présentes; parce qu'elles mourront bientôt ou parce qu'elles abandonneront la personne pour quelqu'un de "mieux " qu'elle.

Méfiance/abus

La personne s'attend à ce que les autres la fassent souffrir, la maltraitent, l'humilient, mentent, trichent et profitent d'elle. En général la souffrance infligée est perçue comme intentionnelle ou résultant de négligence extrême et injustifiable. Ceci peut aussi inclure le sentiment d'être constamment défavorisé par rapport aux autres ou de toujours " tirer la courte paille ".

Manque affectif

La personne a la certitude que les autres ne donneront pas le soutient affectif dont elle a besoin. On peut distinguer trois catégories principales :

Manque d'apports affectifs : absence d'attention, d'affection, de chaleur, ou d'une présence amicale.Manque d'empathie : absence de quelqu'un de compréhensif qui vous écoute et de quelqu'un à qui parler de soi-même.Manque de protection : absence de quelqu'un de fort qui guide et conseille.

Imperfection/honte

La personne se juge imparfaite, " mauvaise", inférieuer ou incapable; le révéler entraînerait la perte de l'affection des autres. Ceci peut inclure : l'hypersensibilité aux critiques, à l'abandon et au blâme. Il peut exister une gêne, avec des comparaisons avec les autres et un manque de confiance en soi. La personne peut ressentir la honte des imperfections perçues, celles-ci peuvent être internes (par exemple : égoïsme, colère, désirs sexuels inacceptables) ou externes (par exemple : défaut physique, gêne sociale).

Isolement/aliénation

Le sentiment d'être isolé, coupé du reste du monde, différent des autres et/ou de ne faire partie d'aucun groupe ou communauté.


Schémas précoces de manque d'autonomie et performance


Les exigences vis-à-vis de soi-même et du monde externe ne correspondent pas à la capacité (perçue) de survivre, d'agir indépendamment et d'arriver à une réussite suffisante. Ceci peut être lié à une origine familiale typique : famille " étouffante " où l'enfant est surprotégé, la confiance en soi est sapée et les relations en dehors de la famille ne sont pas encouragées : il en résulte un déficit d'apprentissage des compétences sociales.

Dépendance/incompétence

Croire à sa propre incapacité de faire face seul aux responsabilités journalières (par exemple, prendre soin de soi-même, résoudre les problèmes de tous les jours, faire preuve de bon sens, aborder de nouvelles tâches, prendre des décisions). Dit souvent, " je suis incapable de... "

Peur des événements inévitables/incontrôlables

Peur exagérée d'une catastrophe que l'on ne pourra pas éviter. Ces craintes se portent sur une ou plusieurs possibilités:

Santé : crise cardiaque, sidaÉmotions : par exemple perdre la raison

Catastrophe naturelle ou phobie : ascenseurs, crime, avions, tremblement de terre.

Surprotection/personnalité atrophiée

Attachement émotionnel excessif à une ou plusieurs personnes, souvent les parents, au détriment d'une adaptation sociale normale. Très souvent, croyance qu'au moins l'un des individus ne peut pas survivre à l'autre, ou être heureux sans lui. Peut avoir le sentiment d'être étouffé par les autres, ou doute de lui-même, de sa propre identité. Sentiment d'être vide, sans but; ou, dans des cas extrêmes, questionne sa propre existence.

Échec

Croyance que l'on a échoué, que l'on échouera, que l'on est incapable de réussir aussi bien que les autres (études, carrière, sports, etc.). Souvent, la personne se juge stupide, inepte, sans talent, ignorante, inférieure aux autres, etc.


Schémas précoces de manque de limites


Il peut s'agir de manque de limites internes, de manque de responsabilité envers les autres, ou de l'incapacité à soutenir des buts à long terme. Ceci peut mener à des problèmes concernant les droits des autres, ou concernant ses propres objectifs. L'origine familiale typique est à rechercher du côté de parents faibles, trop indulgents, qui ne peuvent faire appliquer la discipline. L'enfant n'est pas encouragé à prendre des responsabilités, à tolérer un certain manque de confort, ou n'est pas suffisamment surveillé et guidé.

Droits personnels/dominance

Ceci correspond au besoin de faire, ou d'obtenir, exactement ce que l'on veut sans considérer ce qu'il en coûte aux autres; ou à une tendance excessive à affirmer sa force, son point de vue et à contrôler les autres à son propre avantage sans considérer leur désir d'autonomie. Le sujet est caractérisé par des exigences excessives et un manque général d'empathie.

Manque de contrôle de soi/discipline personnelle

Le problème central est l'incapacité ou le refus de contrôle de soi. La personne ne peut supporter d'être frustrée dans ses désirs et est incapable de modérer l'expression de ses émotions et impulsions. Sous une forme atténuée: elle essaie à tout prix d'éviter ce qui est pénible tels que les conflits, les confrontations, les responsabilités et l'effort, au détriment d'un sens de la satisfaction personnelle ou de son intégrité.


Schémas précoces de dépendance aux autres


Ils correspondent globalement à une importance excessive attachée aux besoins, désirs, réactions des autres, aux dépens de ses propres besoins afin d'obtenir leur affection ou leur approbation, par peur d'être abandonné ou pour éviter les représailles. Fréquemment, il existe une colère refoulée dont la personne n'est pas consciente. L'origine familiale de ce schéma doit être recherchée du côté d'une affection qui relève du conditionnel : pour se sentir aimé de ses parents, pour obtenir leur approbation, l'enfant réprime ses tendances naturelles. Les besoins des parents (affectifs, sociaux, leur style de vie) passent avant les besoins et réactions de l'enfant.


Assujettissement

Le comportement, l'expression des émotions, les décisions, sont totalement soumis aux autres parce ce qu'on se sent forcé d'agir ainsi, en général pour éviter colère, représailles ou abandon. Selon la personne, ses propres désirs, opinions et sentiments ne comptent pas pour les autres. En général, elle montre une docilité excessive mais réagit vivement si elle se sent prise au piège. Il existe presque toujours, une colère refoulée contre ceux à qui il se soumet, provoquant des troubles de personnalité (par exemple : comportement passif/agressif, explosion de colère, symptômes psychosomatiques, troubles affectifs, drogues).

Abnégation

Un souci exagéré de toujours considérer les autres avant soi-même; cette considération est volontaire. Les raisons sont en général : peur de faire de la peine aux autres; pour éviter de se sentir coupable d'égoïsme; ou pour maintenir un contact perçu comme nécessaire aux autres. Mène souvent à une hypersensibilité aux souffrances des autres. La personne peut éprouver le sentiment que ses propres besoins ne sont jamais satisfaits, d'où un ressentiment envers les autres.

Besoin d'approbation

Le problème central est un besoin excessif de l'attention, de l'estime et de l'approbation des autres; ou faire ce que les autres demandent, que cela corresponde ou non à ce que l'on veut de soi-même. L'estime de soi est formée à partir des réactions des autres et non à partir d'opinions et de valeurs personnelles. Parfois, une importance exagérée est accordée au style de vie, aux apparences, à l'argent, à la concurrence ou à la réussite - être le meilleur, le plus populaire - afin d'obtenir estime ou approbation. Fréquemment, les choix importants de la vie sont faits sans rapport avec le sujet; ou sont des choix qui n'apporteront pas de satisfaction; hypersensibilité au rejet; ou envie de ceux qui ont mieux réussi.


Schémas précoces d'hypervigilance et inhibition


Le problème principal est le contrôle exagéré des réactions, des sentiments et des choix pour éviter les erreurs ou pour maintenir des règles personnelles rigides dans sa conduite et dans sa performance, souvent aux dépens d'autres aspects de la vie: plaisirs, loisirs, amis; ou au détriment de sa santé. Origine familiale typique : sans joie; travail, devoir, perfectionnisme, obéissance, éviter les erreurs, sont des considérations beaucoup plus importantes que bonheur, joie, détente. Souvent, pessimisme et anxiété sont apparents : tout pourrait se désagréger si l'on ne se montre pas toujours vigilant.


Peur d'événements évitables/négativité


Est au premier plan la crainte exagérée que, dans des contextes divers (travail, situation pécuniaire, relations interpersonnelles), tout va tourner au pire; ou bien on retrouve une prise en considération fréquente et persistante de tous les aspects négatifs de la vie : souffrance, mort, conflit, culpabilité, ressentiment, problèmes non-résolus, erreurs possibles, etc., qui s'accompagne d'une minimisation ou d'un déni des aspects positifs et optimistes. Souvent, il existe une peur exagérée de commettre des erreurs et la crainte de leurs conséquences : ruine, humiliation, situation intolérable. Ces personnes sont fréquemment anxieuses, pessimistes, mécontentes et indécises.


Surcontrôle

Le contrôle excessif des réactions spontanées (actions, sentiments, paroles) est là généralement pour éviter les erreurs, la désapprobation d'autrui, les catastrophes, le chaos ou par peur de ne pouvoir maîtriser ses impulsions. On peut distinguer :

La répression de la colère et de l'agressivité.Le besoin compulsif d'ordre et de précision. La répression d'impulsions positives (joie, affection, excitation sexuelle, jeux).L'adhérence excessive à la routine et au rituel. La difficulté à reconnaître ses propres faiblesses, ou à exprimer facilement ses propres sentiments ou besoins. Souvent ces attitudes sont appliquées aux proches.

Idéaux exigeants

La conviction que l'on doit s'efforcer d'atteindre et de maintenir un niveau de perfection dans son comportement ou sa performance représente un idéal destiné à éviter les critiques. Ces exigences amènent à une tension constante; s'arrêter dans ses efforts ou se détendre devient impossible. Une critique constante de soi-même et des autres est effectuée. Par conséquent la personne souffre des déficits de plaisirs, détente, santé, estime de soi, satisfaction personnelle et relations interpersonnelles. On peut distinguer :

Le perfectionnisme, importance excessive attachée aux détails et sous-estimation de sa propre performance.Des règles rigides; l'importance du devoir. Ces règles s'appliquent à de nombreux aspects de la vie : morale, culture, religion.Préoccupation constante de temps et d'efficacité : toujours faire plus et mieux.

PunitionLa tendance à se montrer intolérant, très critique, impatient et à " punir " les autres, et soi-même, s'ils n'atteignent pas le niveau de perfection que l'on exige. Ceci entraîne : la difficulté à pardonner les erreurs ou les imperfections - en soi ou chez les autres - l'incapacité de considérer les circonstances atténuantes; et un manque d'empathie, de flexibilité, ou l'incapacité d'admettre un autre point de vue.


En conclusion, le déchiffrage des scénarios

Il nous semble que 3 grands contrastes mythiques figurant au Coeur de ces constructions (le modèle LIR):

les mythes contrastés du savant et du magicien (la logique)mais aussi les mythes contrastés de Narcisse et d’Ulysse (l’impulsivité)et enfin les mythes contrastés de Tristan et Don Juan (la relation à la dépendance)

Ce modèle indique une sensibilité au changement en psychothérapie



Devant l’accélération de la science et la perte des repères stabilisateurs, le recours à la magie devient une réponse personnelle, et toute-puissante, aux problèmes de l’époque. (Développement exponentiel des sectes).

Attention, l’autonomie ou la sociotropie ne sont pas des traits négatifs: ce sont les extrèmes qui conduisent aux excès.

C’est pourquoi il faut donc installer des capacités nouvelles de traitement de l’émotion qui permettent d’aller au-delà de la situation répétitive sur laquelle la personne bute. Ainsi cela revient construire un SENS à ce qui, à première vue, n’en a pas. Et vivre sa vie sans se tromper de scénario.



Les 8 étapes d’une séance (p197) – les 7 étapes de changement personnel (p223)

Avez-vous un scenario de vie ? p226 (vie professionnelle, sentimentale et sexuelle, trauma, conduites impulsives et à risque)

Schéma du cycle de changement 1986 (p 230): l’Echelle

LIR 2000 (p 235)

d’infériorité 1996 (p261)

de la qualité de vie (Roue de la vie) (p271)

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